Infos-579 : Assemblée générale du CTC 2017

MAI 2017

Chèr-e-s membres,

Du 7 au 12 mai dernier, avait lieu la 28ème Assemblée générale du Congrès du travail du Canada (CTC), à laquelle nous avons délégué deux membres de votre comité exécutif : Sébastien Barraud, vice-président, et Kathia Rémillard, directrice.

Le CTC réuni l’ensemble des syndicats canadiens hors Québec, ainsi que la FTQ, qui jouit d’un statut spécial d’association avec la structure.

S’il est intéressant et pertinent de rencontrer des camarades, confrères et consœurs du pays qui partagent nos combats, force et de constater le décalage qui existe entre le Québec et le ROC sur de nombreux points.

Ainsi, le Canada anglais est par exemple en avance sur nous par rapport à la question de la diversité et de sa représentation dans les structures syndicales. Par exemple, le président du CTC, Hassan Yussuff est un musulman né au Guyana, alors que les deux personnes vice-présidentes sont une femme noire et homme noir et gai. De plus, le comité exécutif du CTC compte 5 personnes vice-présidentes représentant chacune les groupes d’équité, à savoir (1) les femmes, les personnes (2) autochtones, (3) vivant avec un handicap, (4) racialisées et (5) LGBTQIA+ ; ces vice-présidences sont désignées lors de caucus non-mixtes de chacun des ces groupes. L’équité et l’accessibilité sont des valeurs très fortes au canada. Par exemple, tout au long du Congrès, une traduction simultanée écrite et projetée sur un écran géant était proposée lors de toutes les séances plénières. Et lors de chacune des réunions spécifiques, une personne interprète en langue des signes était présente. Il va sans dire que la traduction anglais-français par écouteurs était partout de mise.

D’un autre côté, le reste du Canada accuse un retard certain sur le Québec en matière de droits sociaux et parentaux : service de garde, congés parentaux, vacances, etc.

Bref, il est étonnant de voir comment nos sociétés québécoises et du ROC sont bien des sociétés distinctes, plus progressiste l’une par rapport à l’autre dépendamment des domaines. Alors ce Congrès nous permet d’échanger nos bons points et de motiver notre militantisme.

Le Congrès du CTC, c’est la grande messe du syndicalisme canadien. On y présente les grandes orientations politiques du mouvement : économie, société, équité, écologie et transition énergétique. À noter que la politique écologique et sur la transition énergétique a largement été adossée à celle développée par la FTQ (entérinée lors de notre dernier Congrès 2016). Après la présentation de ces politiques, défilent alors au micro pendant de longues minutes les délégués appuyant ces orientations pratiquement toujours consensuelles. Du coup, on passe beaucoup de temps à entendre la même chose, et on perd beaucoup de temps pour débattre des résolutions qui ne sont justement pas consensuelles! C’est dommage, car le débat, c’est justement la part la plus intéressante de la démocratie syndicale…

Cela dit, des résolutions d’urgences très politiques ont été adoptées : pour soutenir les prisonniers palestiniens grévistes de la faim (ce qui a provoqué de chauds débats), pour dénoncer le génocide dont sont victimes les homes gais tchétchènes (et demander au Canada d’agir), ou encore dénoncer l’accord de libre-échange Canada-Union européenne.

Pour ce qui a trait aux autres résolutions – dont de nombreuses seront traitées par le Comité exécutif du CTC nouvellement élu – nous vous renvoyons aux différents rapports des résolutions : générales, économiques et sociales, statuts et structure.

Le grand moment de ce Congrès restera sans conteste la conférence d’ouverture sur les Droits humains où la militante américaine historique des droits civiques, Angela Davis, est venue nous parler de l’importance des syndicats dans la bataille des droits humains, notamment ceux des femmes et des minorités visibles.

Solidairement,

Votre comité exécutif.

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