Infos-579 : conférence Debout 2016

L’équité n’est pas le processus mais le résultat

 

Définition de l’équité

L’équité est un sentiment de justice naturelle et spontanée, fondée sur la reconnaissance des droits de chacun, sans qu’elle ne soit nécessairement inspirée par les lois en vigueur. Ce sentiment se manifeste, par exemple, lorsque l’on doit apprécier un cas particulier ou concret sans se laisser guider par les seules règles du droit. C’est une forme de justice qui prend plutôt en considération l’esprit de la loi que la lettre, pour en tempérer les effets ou la faire évoluer si, comme dit Aristote, « elle se montre insuffisante en raison de son caractère générale ».

L’équité est donc un état d’esprit qui veut aller au-delà de ce qui est juste sur le plan légal et peut dont s’opposer à la loi lorsque celle-ci présente des lacunes ou s’avère inadaptée, voire injuste. L’équité est sous-tendue par un principe de justice non-écrit, antérieur aux lois et supérieur à celles-ci. Il est donc très difficile de définir ce qui est équitable.

En matière politique ou économique, l’équité est le principe qui conduit à corriger des inégalités que subissent des personnes ou des groupes défavorisés (exemple : le commerce équitable).

En matière sociale, une répartition équitable ne correspond pas à l’égalité au sens strict. C’est une « juste mesure », un équilibre, qui permet de rendre acceptable une forme d’inégalité lorsque l’égalité ne serait pas acceptable.

Définition trouvée sur le site latoupie.org

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Conférence debout 2016 – Droits de la personne

 

1) L’ouverture :

Avec  Hasan Minhaj, Wab Kinew, Dr. Dawn Lavell-Harvard, et Hassan Yussuf.

Parfoiequite-2s drôle, parfois émouvant, Hasan Minhaj, humoriste américain est revenu sur sa vie en tant que fils d’immigrant, et ce par quoi ses parents sont passés durant leurs propres vies de migrants aux États-Unis. Il n’a pas raté non plus l’occasion de se moquer un peu de Donald Trump.

Wab Kinew, député provincial de Fort Rouge à Winnipeg et chanteur hip-hop, est un leader autochtone reconnu. Il nous a parlé lui aussi des défis touchant les communautés autochtones, et des préjugés qui persistent dans la société à leurs sujets.

Hassan Yussuf, président du CTC depuis 2014, est la première personne de couleur à diriger un mouvement syndical au pays. Il a souhaité la bienvenue aux délégué-e-s sur place en expliquant l’importance d’une telle convention pour les droits de la personne et pour l’intégration des personnes en quête d’équité dans les structures syndicales.

La performance finale était très réussie. Une danseuse autochtone aidée d’impressionnants effets visuels a honoré les vies des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées. Les photos de ces femmes et de ces filles étaient projetées sur un écran géant en même temps.

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2) Les plénières :

Vendredi matin :

Pleins feux sur les réussites! — animé par Mariam Abou-Dib, avec les dirigeantes et dirigeants du Congrès du travail du Canada. Ils ont parlé de leurs parcours, de l’importance du syndicalisme et des enjeux actuels comme la solidarité internationale, etc.

Ensuite deux réfugiés un congolais et une syrienne ont témoigné de l’horreur qu’ils ont vécue et de leur nouvelle vie au pays.

Vendredi après-midi :

Danny Glover — Les droits de la personne, les droits du travail et la solidarité internationale : interviewé par Ferne Downey.

L’acteur est revenu sur son parcours de militant contre la discrimination. Ses parents étaient eux-mêmes des militants des droits des travailleuses et travailleurs noirs. Il a été ambassadeur de bonne volonté de l’ONU et de l’Unicef pendant des années.

Samedi matin :

Adaptez-vous, engagez-vous ou perdez — animée par Adrian Harewood, avec Myer Siemiatiycki, Stepahanie Nakitsas et Takele Gobena

Comprendre comment les syndicats peuvent se mobiliser et s’adapter en fonction de la nature changeante du travail (changements technologiques, précarisation et nouvelles formes de travail).

Takele Gobena, un chauffeur d’Uber est venu témoigner. En moyenne, il est payé 3 dollars de l’heure et n’a aucune protection sociale (ils ont baissé la rémunération d’un dollar/mile sans prévenir). Il veut rester et réussir à améliorer les conditions des chauffeurs. La travailleuse autonome Stepahanie Nakitsas a créé une association de travailleuses et travailleurs autonomes urbains pour parler de leurs isolements et de leurs conditions de travail.

Samedi après-midi :

L’activisme numérique — Jennifer Hollett, chef de service des nouvelles chez Twitter Canada. Elle a expliqué comment monter une campagne de mobilisation ou de soutien sur les réseaux sociaux. Qu’il faut viser un groupe selon les besoins et les amener petit-à-petit à s’impliquer et à se mobiliser. Elle a pris comme exemple le mouvement « black lives matter » qui est passé d’un hashtag sur twitter à un mouvement politique présent dans plusieurs pays.

Dimanche matin :

Acquérir du pouvoir — Terry Melvin, président de la Coalition des syndicalistes noirs et secrétaire du chapitre de l’État de New-York de la Fédération américaine du travail. Le révérend Melvin a consacré sa vie à la défense des travailleuses et travailleurs noirs, il a électrisé la foule avec sa verve et son enthousiasme. Il a motivé la foule à continuer le combat pour les droits humains.

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3) Les ateliers :

a) À quel point le Canada est-il accessible et inclusif?

Les personnes vivant avec un handicap se heurtent à des obstacles considérables tels que le chômage, la pauvreté et la discrimination.

L’atelier de loin le plus intéressant. Nous nous sommes aperçus que l’on ne pensait jamais aux personnes en situations de handicap, notamment lorsque l’on organise des réunions ou des assemblées. On parle souvent des discriminations liées au sexe ou à l’origine mais rarement celles liées au handicap pourtant les chiffres sont impressionnants :

  • 60% des plaintes à la Commission des droits de la personne concernent les personnes en situation de handicap. Ces plaintes sont faites par des gens qui connaissent leurs droits… Il ne s’agirait donc que de l’arbre qui qui cache la forêt!
  • Le taux de chômage est de 30 à 40% dans cette communauté, alors qu’il est en moyenne de 8 % au Canada.

Sur le site d’organismes comme Dawn Canada et CCD il y a des trousses d’outils pour mesurer si on est inclusif ou pas, et quoi faire pour l’être plus.

Comment les aider?

  • Par des dons
  • En sensibilisant les membres
  • En aidant les organismes inclusifs
  • Et surtout on va devoir, par souci d’équité, dans nos convocations pour le conseil des personnes déléguées et surtout les assemblées générales, ajouter un paragraphe du genre sur l’accessibilité : « Si vous êtes en situation d’handicap et que vous avez besoin d’un accommodement n’hésitez pas à communiquer avec nous ».

Certains handicaps sont invisibles comme les lésions cérébrales non diagnostiquées, les personnes qui en souffrent sont souvent stigmatisées. On pense que le problème est dû à leur caractère ou à leur personnalité. Ces personnes tombent souvent dans l’alcoolisme ou dans la toxicomanie.

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b) L’optique d’équité et d’inclusion : un outil pour les syndicats

Dans un monde en pleine mutation l’équité est essentielle à la survie des syndicats. Ceux-ci doivent être le reflet de leurs membres. Lors de cet atelier, on nous a présenté des outils pour d’abord faire un diagnostic de la situation de nos sections locales en matière d’équité et pour ensuite vérifier si l’on a atteint nos objectifs. C’est donc un moyen de mieux inclure la diversité de nos membres dans toutes nos activités syndicales.

Le comité exécutif de notre section locale et le conseil des personnes déléguées reflètent assez bien la diversité de nos membres. Mais il faut rester vigilent, être à l’écoute, et traiter avec respect tous nos membres quelle que soit leur origine. Il faut faire la promotion des droits de toutes et tous nos membres, quelle que soit leur identité ethnique, sexuelle, de genre, etc.

c) Négocier pour l’équité

Avant de pouvoir négocier pour l’équité il faut d’abord avoir un portait le plus juste possible de nos membres. Pour cela on nous a présenté un outil, un tableau avec plusieurs catégories comme la fonction, l’âge, l’ethnicité, la situation familiale… Et on doit alors se poser une question : est-ce qu’ils ont besoin d’un accommodement ou pas? On nous a présenté un autre outil pour voir si dans notre convention collective on retrouve les mesures nécessaires pour pouvoir défendre convenablement les membres en quête d’équité. Comme par exemple : Avons-nous un libellé qui appuient les membres transgenres et ceux qui sont en transition au travail? Ou avez-vous un libellé en matière d’avantages sociaux qui couvrent les conjoints des LGBTQI et leurs familles?

À partir des réponses à toutes ces questions et à partir de doléances de certains membres, on peut faire des propositions à l’employeur lors du renouvellement de la convention collective ou des adaptations locales.

Malheureusement, ces propositions tombent souvent durant les négociations pour favoriser des demandes d’ordre monétaires. Pour éviter cela, le comité de négociation doit refléter la réalité des membres.

d) Que cherchons-nous après le mariage?

Cet atelier consistait à se questionner sur les sujets d’inquiétude actuels des travailleuses et travailleurs et travailleuses LGBT. Il nous a permis de réaliser le chemin parcouru et qu’il y avait encore un problème d’inclusion par nos communautés de nos membres racialisées ou vivant avec un handicap. Ils nous restent donc du travail à faire au sein de nos communautés, mais aussi un effort de solidarité à mener avec les travailleuses et travailleuses et travailleurs racialisées et vivant avec un handicap pour leur meilleure inclusion dans nos milieux de travail. Bref, développer une solidarité encore plus forte entre les groupes en quête d’équité.

 4) Points positifs de la conférence :

  • Une application à télécharger sur nos téléphones ou tablettes a été créé pour l’occasion. Très pratique, on y a trouvé notre agenda (ateliers auxquels nous sommes inscrits avec heure et local). On y a aussi trouvé la liste de tous les personnes participantes pour resauter, des documents et des références bibliographiques.
  • Le tout était bien organisé, les ateliers et les plénières ont commencé à l’heure.

 

 5) Points négatifs de la conférence :

  • Durant les plénières on ne pouvait poser des questions qu’à travers l’application. Les organisateurs choisissaient donc les questions à poser, ce qui pouvait. De nombreuses personnes participantes s’en sont plaintes!
  • On nous avait promis une conférence politique, qui déboucherait sur des communiqués de presse forts et une marche vers le Parlement… Rien de ça n’a eu lieu!
  • Alors qu’une centaine de personnes participantes s’étaient identifiées comme LGBT, leur caucus était organisé dans une salle de 50 places!
  • Quasiment tous les intervenants étaient anglophones. Aucun invité francophone à part M. Donald Lafleur, vice-président du CTC, qui lui s’est exprimé en français. En général, les personnes participantes anglophones n’utilisaient pas leur appareil électronique de traduction instantanée, ce qui fait que lorsque l’on parlait en français, peu de gens ne comprenaient. Comme si ce que nous avions à dire, nous els francophones, n’étaient pas intéressant ou pertinent. Bref, comme personnes participantes francophones, nous ne nous sommes pas toujours sentis inclus par les personnes participantes anglophones… Assez paradoxale pour une conférence sur l’inclusion!

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